Des propositions URGENTES pour protéger les travailleurs des chantiers routiers


C’est connu, un nombre important de routes sont actuellement en construction aux quatre coins du Québec. Et nous ne sommes pas sur le point de voir les chantiers de construction diminuer, puisque le gouvernement a annoncé une augmentation de 4,8 milliards $ aux investissements des travaux publics de plus de 115 milliards $ déjà prévus pour l’ensemble des régions. Pire encore, le nombre d’usagers de la route a augmenté d’environ deux millions d’utilisateurs depuis l’an 2000 (donc approximativement 40 % d’augmentation).

« Le nombre de travailleurs qui perdent la vie et qui se blessent aux abords et sur les chantiers routiers ne cesse d’augmenter depuis 2014. La hausse fulgurante des mises en chantiers routiers, l’augmentation constante des usagers de la route ainsi que leur non‐​respect des mesures de sécurité en sont les causes. Rencontrer autant de chantiers routiers révoltent les usagers de la route, les amenant à adopter des comportements irresponsables, déviants et même de la rage au volant en raison des contraintes routières » de partager le président de la CSD Construction, Carl Dufour.

En 2018, trois personnes qui travaillaient sur un chantier routier sont décédées lors d’un accident impliquant un véhicule routier en mouvement, alors que de 2014 à 2017, une seule personne a perdu la vie. Pire encore, 2018 a connu deux fois plus d’accidents survenus dans les mêmes conditions que par les années précédentes.

La situation est alarmante et terrifie les travailleurs des chantiers routiers qui vivent un stress quotidien au travail cliquez ici pour voir une vidéo qui démontre le danger en direct. 

Les solutions suggérées par la CSD Construction

La CSD Construction suggère différentes mesures correctives pour améliorer la sécurité des travailleurs routiers et pour diminuer l’intolérance des usagers de la route à l’approche d’un chantier routier actif (i.e. un chantier où les travailleurs sont à l’œuvre) ou inactif (i.e. lorsqu’il y a absence de travailleur sur le chantier). Pour le président de la CSD Construction, « les mesures de sécurité prévues par le ministère des Transports ne suffisent pas à assurer la prévention nécessaire des accidents sur les zones de travaux. Il nous apparait urgent que le gouvernement revoit son approche de gestion des chantiers routiers actifs et inactifs ».

Chantiers actifs

  1. L’installation obligatoire de murets de béton sur tous les chantiers routiers de plus de 24 heures. Pour les chantiers d’une journée, il est souhaitable qu’ils soient couverts par des systèmes mobiles ;
  2. L’installation de radars photos aux abords de chaque chantier routier afin que les usagers de la route respectent les limites de vitesse imposées lorsque le chantier est en activité. En général, l’augmentation de radars photos sur les routes permet de limiter le nombre et la gravité des accidents pour l’ensemble du réseau routier.
  3. La circulation de véhicules d’escorte afin de ralentir le trafic lorsque le chantier est actif et ainsi protéger plus efficacement les travailleurs.

Chantiers inactifs

La CSD Construction propose que les mesures de sécurité qui s’appliquent pour les chantiers actifs soient différentes pour les chantiers inactifs, puisqu’ils ne posent pas les mêmes normes de sécurité. Conséquemment, le gouvernement doit modifier son approche afin que des mesures soient adaptées au degré de risque à gérer en mettant en place des dispositions pour les usagers de la route afin qu’ils comprennent que le chantier est inactif et que les mesures de sécurité habituelles sont différentes. L’utilisation des nouvelles technologies pourrait favoriser une communication efficace aux usagers de la route lors de l’inactivité des chantiers routiers.

« Notre proposition repose sur le fait que les usagers en ont plein les bras et que l’augmentation des chantiers routiers et la façon de les gérer créent de l’intolérance et augmentent considérablement les risques d’accident. C’est tout simplement le gros bon sens qui nous amène à exiger ces changements qui auraient des impacts positifs pour protéger les travailleurs qui vivent un stress quotidien », de conclure Carl Dufour.

Les chantiers routiers en chiffres :

  • 3 personnes qui travaillaient ou qui dirigeaient la circulation sont décédées en 2018 lors d’un accident impliquant un véhicule routier en mouvement, ayant eu lieu aux approches ou dans une zone de travaux, alors qu’entre 2014 et 2018, une seule personne a perdu la vie sur trois années ;
  • 28 personnes qui travaillaient ou qui dirigeaient la circulation ont été blessées en 2018 lors d’un accident impliquant un véhicule routier en mouvement, ayant eu lieu aux approches ou dans une zone de travaux, alors qu’entre 2014 et 2018, la SAAQ notait une moyenne de 15 accidents de ce type par année ;
  • 6 signaleurs routiers sont décédés depuis 2010 sur un chantier routier (source : Association des travailleurs en signalisation routière du Québec);
  • 8 personnes sont décédées d’un accident de la route en 2018 survenus aux approches ou dans une zone de travaux routiers. C’est l’année la plus meurtrière depuis 2015 (source : SAAQ);
  • Environ 25 000 travailleurs de la construction travaillent sur les chantiers routiers.