Médic Construction : lettre aux chefs des partis politiques à la veille des élections provinciales


Monsieur le Premier Ministre,

Au cours des derniers mois, nos trois organisations syndicales représentant plus de 76 % des travailleuses et travailleurs de l’industrie de la construction se sont jointes pour trouver des solutions à une de nos préoccupations majeures : la détérioration de notre régime d’assurance de l’industrie, Médic Construction. Vous savez sans doute que l’ensemble des régimes d’assurance collective privés au Québec subissent d’énormes pressions depuis plusieurs années. Le régime Médic Construction n’est pas épargné.

En effet, le régime Médic Construction qui assure la protection de 300 000 personnes subit les contrecoups des augmentations pharamineuses des prix des médicaments année après année. Les données disponibles, de 2006 à 2016, démontrent en effet que les dépenses en médicaments ont bondi de 130 %. Aussi, de nouvelles générations de médicaments dits « biologiques », présents sur le marché, offrent des avantages appréciables quant aux traitements spécifiques aux maladies chroniques. Toutefois, leur coût demeure très élevé et ceux‐​ci n’ont souvent pas d’équivalent générique.

À cela s’ajoutent les honoraires des pharmaciens. Pour certaines consultations, ils sont jusqu’à 100 fois plus élevés, dépassant considérablement ceux chargés à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Vous comprendrez que cette situation entraîne d’importantes dépenses qui conduiront le régime à une situation plus que précaire, allant jusqu’à menacer la viabilité de notre régime à long terme.

Nous avons, à ce jour, pris de sérieuses mesures pour assurer la survie de Médic Construction, par le biais du Comité des avantages sociaux de l’industrie de la construction (celui‐​ci étant composé tant de représentants de toutes les associations syndicales que des associations patronales de la construction reconnues selon la loi sur les relations du travail, la formation professionnel et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction (R‐​20)). Malgré cela, selon les prévisions actuarielles, Médic Construction ne disposera d’aucun surplus en 2023 et ne sera plus en mesure de s’acquitter de ses obligations. Notre régime sera contraint à diminuer drastiquement les couvertures d’assurance pour les personnes couvertes. Il est donc urgent d’intervenir et d’éviter de voir plus de 300 000 citoyennes et citoyens perdre un régime qui constitue assurément un fleuron des avantages sociaux offerts dans l’industrie de la construction.

Afin d’éviter la perte de Médic Construction, une solution nous semble évidente : notre régime doit bénéficier des mêmes avantages que le régime public d’assurance médicaments de la RAMQ. À titre d’exemples : avoir la possibilité de négocier le prix des médicaments, effectuer des ententes de volume avec certaines pharmacies ou encore profiter des tarifs avantageux du gouvernement. La législation actuelle ne nous permet toutefois pas de bénéficier de tous ces avantages puisqu’elle ne donne aucun de ces droits aux régimes privés.

C’est donc ce que nous revendiquons auprès de vous aujourd’hui : que Médic Construction puisse bénéficier rapidement des tarifs négociés par le gouvernement quant aux coûts des médicaments de même qu’au plafonnement des honoraires des pharmaciens, afin d’assurer la pérennité de notre régime.

En vous remerciant de l’attention portée à cette lettre, nous vous prions de recevoir nos sincères salutations.

Daniel Laterreur

Président, CSD Construction


Rénald Grondin

Président, FTQ‐​Construction


Michel Trépanier

Président, Conseil provincial (International)