Le ministère des Transports ouvert aux propositions de la CSD Construction pour améliorer la sécurité sur les chantiers routiers


Le 2 juin dernier, la CSD Construction a rencontré pour une deuxième fois le ministère des Transports pour discuter de ses revendications visant à protéger plus efficacement les travailleurs des chantiers routiers. Rappelons qu’une première rencontre s’est tenue le 5 décembre 2019 et que la CSD Construction a ensuite déposé un mémoire le 20 mars dernier pour sensibiliser le ministère à la question de la sécurité sur les chantiers. La CSD a développé une collaboration fructueuse avec le ministère au bénéfice des travailleurs de la construction. 

Également préoccupé par l’augmentation des accidents de travail, le ministère s’est montré très réceptif aux propositions de la CSD qui sont actuellement en analyse. Une autre rencontre est prévue à l’automne.

Le président de la CSD Construction, Carl Dufour, s’est dit satisfait : « on est réussi à sensibiliser le ministère sur l’importance de revoir les mesures de sécurité des chantiers routiers. Le nombre de travailleurs qui perdent la vie et qui se blessent aux abords et sur les chantiers routiers ne cesse d’augmenter depuis 2014. La hausse fulgurante des mises en chantiers routiers, l’augmentation constante des usagers de la route ainsi que leur non‐​respect des mesures de sécurité sont toutes des causes auxquelles on doit s’adapter si on veut protéger les travailleurs ».

La situation est alarmante et terrifie les travailleurs des chantiers routiers qui vivent un stress quotidien au travail. Cliquez ici pour voir une vidéo qui démontre le danger en direct.

Des nouvelles normes de sécurité dès cet été

Le ministère dévoilera son plan d’action 2020–2023 dans les prochains jours qui inclura des normes de sécurité rehaussées :

  1. L’ajout de barrières provisoires pour protéger plus efficacement les signaleurs routiers
  2. Plus d’encadrement des zones tampons (murets de béton)
  3. L’ajout de radars pédagogiques

« Même si on pense que ce n’est pas assez, c’est un bon début. Le ministère nous a dit souhaiter rehausser l’affichage aux abords des chantiers routiers pour modifier les comportements des usagers de la route. À ceci, on répond qu’il faut prendre des mesures plus drastiques. Les normes traditionnelles, même améliorées, ne suffisent pas à assurer la prévention nécessaire des accidents sur les zones de travaux. Il nous apparait urgent que le gouvernement revoie son approche de gestion des chantiers routiers actifs et inactifs », d’ajouter Carl Dufour.

Les solutions suggérées par la CSD Construction

La CSD Construction suggère différentes mesures correctives pour améliorer la sécurité des travailleurs routiers et pour diminuer l’intolérance des usagers de la route à l’approche d’un chantier routier actif (i.e. un chantier où les travailleurs sont à l’œuvre) ou inactif (i.e. lorsqu’il y a absence de travailleur sur le chantier).

Chantiers actifs

  1. L’installation obligatoire de murets de béton sur tous les chantiers routiers de plus de 24 heures. Pour les chantiers d’une journée, il est souhaitable qu’ils soient couverts par des systèmes mobiles ;
  2. L’installation de radars photo aux abords de chaque chantier routier afin que les usagers de la route respectent les limites de vitesse imposées lorsque le chantier est en activité. En général, l’augmentation de radars photo sur les routes permet de limiter le nombre et la gravité des accidents pour l’ensemble du réseau routier ;
  3. La circulation de véhicules d’escorte afin de ralentir le trafic lorsque le chantier est actif et ainsi protéger plus efficacement les travailleurs.

Chantiers inactifs

La CSD Construction propose que les mesures de sécurité qui s’appliquent pour les chantiers actifs soient différentes pour les chantiers inactifs, puisqu’ils ne posent pas les mêmes risques. Conséquemment, le gouvernement doit modifier son approche afin que les mesures soient adaptées au degré de risque, en mettant en place des dispositions pour les usagers de la route afin qu’ils comprennent si le chantier est actif ou inactif et que les mesures de sécurité sont différentes. L’utilisation des nouvelles technologies pourrait favoriser une communication efficace aux usagers de la route lors de l’inactivité des chantiers routiers.

« Notre proposition repose sur le fait que les usagers en ont plein les bras et que l’augmentation des chantiers routiers et la façon de les gérer créent de l’intolérance et augmentent considérablement les risques d’accident. C’est tout simplement le gros bon sens qui nous amène à exiger ces changements qui auraient des impacts positifs pour protéger les travailleurs qui vivent un stress quotidien », de conclure Carl Dufour.