L’industrie de la construction au féminin : le métier de peintre


Selon les chiffres colligés à la fin de 2022, les femmes représentent 3,64 % de la main d’œuvre en construction. Les travailleuses sont de plus en plus nombreuses à chaque année, mais encore une minorité dans l’industrie. Alors c’est comment, travailler en construction quand on est l’une d’entre elles ? Nous avons rencontré deux travailleuses pour parler de leur parcours et leur poser la question !

Brigitte Boivin‐​Ganhadeiro, peintre

Brigitte a toujours su qu’elle n’était pas faite pour travailler de 9 à 5 dans un bureau : « J’ai essayé le travail de bureau quand je faisais du design d’intérieur, mais ce n’est pas fait pour moi. J’ai besoin d’un travail où je suis active physiquement et où je produis quelque chose de concret. En tant que peintre, je peux regarder mon travail à la fin de la journée et voir l’évolution, c’est super motivant ! »

Brigitte a pris le temps d’examiner les différents métiers possibles avant de choisir celui de peintre. Elle avait déjà peinturé dans le passé et elle aime le travail de minutie et de finition, c’était un choix qui l’intéressait. C’est pendant ses études en 2017 qu’elle a fait le saut : « Le bassin est tombé à « 30% et moins » pendant que je finissais mes cours du soir, donc en tant que femme j’avais le droit de présenter mon dossier. J’ai trouvé un entrepreneur pour obtenir mes cartes, mais j’ai quand même fini mon cours en parallèle. J’ai demandé à l’entrepreneur pour qui je travaillais de m’apprendre à tirer des joints, je trouvais ça important de développer une compétence de plus. »

C’est comment, le métier de peintre ? « Les chantiers sont assez variés, présentement je travaille beaucoup dans le secteur commercial, mais j’ai fait du résidentiel, des maisons neuves également. Les chantiers ne changent pas énormément selon la saison, mais c’est vrai qu’à l’été on travaille davantage à l’extérieur. Une chose est sûre : il y a toujours de l’ouvrage en peinture ! »

Brigitte est une femme dans une industrie majoritairement masculine, mais elle ne vit pas vraiment cette réalité dans le cadre de ses fonctions : « Dans la compagnie pour laquelle je travaille, on est beaucoup de femmes : pratiquement la moitié ! Je me sens vraiment traitée de la même manière que mes collègues masculins. Mais comme je me promène de chantier en chantier, je croise beaucoup d’autres travailleurs. Mon impression c’est que les gars commencent à accepter de plus en plus que les femmes soient sur les chantiers, ça change l’ambiance. Je me suis déjà fait mettre en garde avant de commencer dans l’industrie, on m’a dit que je me ferais déranger par les gars… Mais selon mon expérience, il faut juste avoir un peu de caractère pour les remettre à leur place au besoin. Pour moi être peintre, c’est le métier que je voulais faire. Je suis venue travailler en construction parce que je l’aime ma job, et je suis là pour faire un travail de qualité. »

Son conseil pour une fille qui songe à devenir peintre ?

« Quand tu commences, même si tu as étudié ton métier à l’école, tu ne connais pas grand‐​chose du fonctionnement d’un vrai chantier de construction. Le mieux c’est d’observer ce qui se passe et de faire ce qui est demandé, même si parfois on ne comprend pas le « pourquoi ». Il faut persévérer, éventuellement on acquiert de l’expérience et ça va mieux ! Et je dirais aussi… il faut avoir un certain caractère et ne pas se gêner de dire non à l’entrepreneur dans certaines situations. Par exemple, si un chantier n’est pas conforme aux règles de sécurité, il faut absolument le dire ! »

Le point de vue des travailleuses de la construction vous intéresse ?

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