Michel Joseph, représentant en santé et sécurité sur les chantiers de grande importance


Entre deux rives

La dernière année de Michel Joseph fut, pour le moins, fort occupée. En effet, il a parcouru presque quotidiennement les 11 kilomètres de chantier situé entre les rives du fleuve Saint‐​Laurent pour la construction du nouveau Pont Samuel‐​de‐​Champlain.

Son rôle ? Représentant à la prévention, connu aussi sous le nom de représentant santé et sécurité (RSS). Bien qu’il occupe cette fonction depuis 2016, il s’est intéressé, depuis le début de sa carrière en 1995, à la santé et sécurité.

Lors de chantiers d’importance comme celui du pont, où plus de 500 travailleurs seront présents à un moment des travaux, les organisations syndicales de la construction négocient en effet un poste de RSS lors de la présentation des plans de prévention. Habituellement, il y a un RSS par organisation syndicale œuvrant sur le chantier. Pour la CSD Construction, Michel accompagne et représente donc, en priorité, les membres. Par ailleurs, en ce qui a trait aux autres actions de prévention, Michel agit dans l’intérêt de toutes les personnes qui travaillent sur le chantier.

Concrètement, Michel s’assure que les règles de santé et sécurité sont toutes appliquées pour protéger les travailleuses et travailleurs. Au quotidien, il réalise des inspections de sécurité sur le chantier et accompagne l’inspecteur de la CNESST lors de ses interventions. Si un membre de la CSD Construction subit un accident, il intervient et participe à l’enquête et est aussi impliqué lors d’un droit de refus.

Il intervient sans contrainte et s’assure que toute information concernant la santé et la sécurité sur le chantier soit transmise à toutes les personnes qui y travaillent, qu’il s’agisse de procédures ou de formations. Il peut aussi participer à diverses réunions comme celles du comité de chantier ou encore assister aux rencontres spécifiques à une tâche.

Michel sillonne donc le chantier à tous les jours et garde les yeux bien ouverts. « Je suis charpentier‐​menuisier de formation, ce qui ne nuit certainement pas à mon travail de RSS, précise‐​t‐​il. Toutefois, je dois aussi faire preuve de beaucoup de curiosité, de tact et de polyvalence pour exercer cette fonction. Et être autodidacte ! ». En effet, puisque ce mégachantier comporte son lot de nouveautés et de risques, qu’il faut nécessairement apprivoiser, Michel a une forte propension à fouiller dans toute la documentation disponible et à poser toutes les questions nécessaires à une bonne compréhension des enjeux de santé et sécurité.

Aussi, Michel côtoie régulièrement le conseiller syndical Tommy Royer. Ils travaillent de concert et s’informent mutuellement quant aux enjeux sur le chantier, qu’il s’agisse de situations à risque concernant les travailleurs ou encore d’éventuels événements qui pourraient mettre en jeu la prévention ou la sécurité. Un exemple concret de cette collaboration s’est produit à la fin novembre : les travailleurs œuvrant sur le chantier ont dû affronter les aléas de la température pour aller aux toilettes, les installations sanitaires n’étant en effet pas conformes. Grâce aux pressions conjuguées de Michel et de Tommy, la CNESST a finalement agi et l’employeur n’a eu d’autre choix que de régler le problème.

« La clé, c’est de se parler régulièrement, précise Michel. Il faut que nous soyons tous deux au courant des développements en cours et à venir sur le chantier pour préserver la sécurité de nos travailleurs ».

Les revendications de la CSD Construction

Le RSS occupe un rôle‐​clé sur un chantier ; la CSD Construction de même que la CSD en sont conscientes et revendiquent la promulgation, soit la mise en vigueur, des articles 204 à 215 de la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST). Ils souhaitent également obtenir une modification de la Loi en permettant la création de postes de représentants à la prévention sur l’ensemble des chantiers du Québec. En effet, cette revendication se traduit par la création d’équipes volantes qui pourraient assurer une meilleure prévention de chantiers de construction, peu importe la taille. C’est donc à suivre !