Ouverture aux travaux bénévoles dans la construction: encore une volonté de déréglementation au détriment des travailleurs


La Cen­trale des syn­di­cats démoc­ra­tiques (CSD) s’oppose fer­me­ment au pro­jet de règle­ment sur les travaux bénév­oles de con­struc­tion, pré­paré dans les officines du min­istère du Tra­vail, sans con­sul­ter les syn­di­cats de la con­struc­tion, et qui con­stitue, une fois de plus, un désas­su­jet­tisse­ment indi­rect des travaux de con­struc­tion.

« À la lec­ture du pro­jet de règle­ment, on voit que le prob­lème est fon­da­men­tal: après la ten­ta­tive de déré­gle­men­ta­tion du rési­den­tiel en 1993, on tente encore une fois par voie détournée de désas­su­jet­tir des travaux de con­struc­tion. La loi R-20 dans l’industrie de la con­struc­tion est par­ti­c­ulière pour répon­dre au car­ac­tère dis­tinc­tif du tra­vail des tra­vailleuses et des tra­vailleurs de la con­struc­tion et les pro­téger d’une grande pré­car­ité d’emploi. Pour­tant, à la lumière de ce qu’on lit, en aucun cas les con­di­tions de tra­vail et de vie des tra­vailleuses et des tra­vailleurs de cette indus­trie n’ont été con­sid­érées lors de la rédac­tion de ce pro­jet de règle­ment », s’est indigné François Vau­dreuil, prési­dent de la CSD. Il a ajouté qu’« on a l’impression qu’avec cette règle­men­ta­tion, le gou­verne­ment a voulu tuer une mouche avec un bazooka. La mouche étant l’interdiction de travaux de pein­ture par des par­ents bénév­oles et le bazooka étant l’ouverture tous azimuts à la pro­liféra­tion de tra­vail au noir, lourde de dom­mages col­latéraux. »

Il sera assuré­ment impos­si­ble pour la CCQ de con­trôler le tra­vail bénév­ole, à savoir si la per­son­ne est véri­ta­ble­ment bénév­ole, ou si elle tra­vaille au noir. « Le tra­vail bénév­ole est trop large et trop flou pour être con­trôlé. Nous avons écouté avec atten­tion la prési­dente de la CCQ, Diane Lemieux, qui s’est posi­tion­née en faveur de ce pro­jet de régle­men­ta­tion et qui pré­tend “ne pas vouloir faire la chas­se aux bénév­oles”. C’est avec stupé­fac­tion que nous avons con­staté qu’elle banalise com­plète­ment les con­séquences qu’aura cette régle­men­ta­tion et nous dénonçons fer­me­ment et ouverte­ment cette atti­tude irre­spon­s­able » a ajouté le prési­dent de la CSD.

Il s’agit ici d’une réac­tion prélim­i­naire. La CSD procédera à une analyse exhaus­tive des con­séquences de ce pro­jet de règle­ment pour les tra­vailleuses et tra­vailleurs de l’industrie de la con­struc­tion dans les prochains jours et soumet­tra ses com­men­taires à la min­istre du Tra­vail, dans l’espoir qu’elle tra­vaille au main­tien d’un équili­bre qui leur assure d’avoir un tra­vail décent et de qual­ité pour lut­ter con­tre la pré­car­ité. Les syn­di­cats de la con­struc­tion représen­tent 175 000 tra­vailleurs, ils méri­tent d’être con­sultés.

La CSD représente, quant à elle, des tra­vailleuses et des tra­vailleurs œuvrant dans presque tous les secteurs d’activité économique du Québec, à l’exception des fonc­tions publiques fédérale et québé­coise. Elle compte quelque 300 syn­di­cats affil­iés, dont la CSD Con­struc­tion qui regroupe plus de 20 000 mem­bres.